Les flamants roses de Carnon
Quelques mots sur l'une des espèces qui vit dans nos régions, le flamant rose ou Phoenicopterus roseus que l'on peut apercevoir aux abords des routes de Carnon...
Le Flamant rose est un oiseau de grande taille (envergure maximale 187 cm; longueur totale maximale 207 cm ; femelles 2 kg, mâles 4.5 kg). Les flamants roses vivent très longtemps. Leur survie est très variable et dépend de facteurs individuels (sexe, âge) et environnementaux : 30 ans environs en milieu sauvage, jusqu'à 65 ans dans une réserve protégée.
Les flamants roses sont singuliers par leurs mœurs et leur anatomie. La forme de leur bec et leur façon de se nourrir sont tout à fait particulières. De plus, ils peuvent vivre dans des zones sursalées que ne fréquentent pas les autres espèces car ils sont munis d'une glande qui leur permet d'évacuer le sel par les narines.
Par ailleurs, le Flamant est une des rares espèces à élever ses poussins en crèche. Enfin, sa couleur rose est extrêmement rare dans le monde animal.
Les flamants convertissent en couleur rose les pigments de carotène contenus dans leur nourriture (crustacés tels Artemia salina, algues et invertébrés). Cette couleur rose qui fait le charme du Flamant évolue avec le plumage de l’animal. A la naissance, le poussin est recouvert d’un duvet blanc, ses pattes et son bec sont rose vif. En quelques jours le duvet du poussin devient gris, les pattes et le bec virent au noir et demeurent ainsi jusqu’à l’envol. Par la suite, le jeune oiseau voit son plumage s’éclaircir. Il devient gris blanc la première année avec pattes et bec gris noir. Après un an, il obtient progressivement un plumage nuancé de gris, de blanc et de rose jusqu’à sa parure adulte où le rose domine à l’âge de 4 à 7 ans.
Le cri ressemble à celui d’une oie. Le flamant rose dort debout sur une ou deux pattes, la tête cachée sous une aile. Contrairement à la plupart des oiseaux, à cause de leur taille, les flamants doivent prendre quelques mètres d'élan pour décoller des eaux. Migrateurs, ils volent en formation, en gardant cou et pattes étirés. Les battements d'ailes, puissants et réguliers, les propulsent à 60 km/h sur des étapes de plusieurs centaines de kilomètres.
Les flamants roses sont grégaires et se reproduisent en colonies de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'individus. Les individus de même âge ont tendance à s'apparier. Les parades nuptiales commencent dès la fin de l'automne pour former les couples de l'été suivant.
Un îlot entouré d'eau permet aux flamants de se reproduire : les flamants construisent leur nid, un monticule de boue séchée de 10 à 20 cm de hauteur, sur un îlot inaccessible aux prédateurs (sangliers et aux renards).
La femelle n'y pond qu'un seul oeuf qui sera couvé tour à tour par les deux partenaires (1 à 4 jours d'incubation consécutifs) pendant un total de 28 à 30 jours. Les poussins se promènent hors du nid dès l'âge d'une semaine. Après 12 jours environ, ils se rassemblent en crèche que les parents abandonnent pendant la journée. Ils reviennent les nourrir le soir. Chaque parent reconnaît son poussin parmi les centaines d'autres grâce à son cri unique. A partir de son jabot, l'adulte secrète un liquide riche en protéines pour nourrir son poussin. Un repas peut durer de 15 à 30 minutes. Les jeunes s'alimentent seuls après l'envol qui a lieu vers l'âge de 77 jours.
Les comportements
Les groupes de flamants roses en gagnage sondent simultanément l'eau à la recherche d'invertébrés : la tête dans l'eau et les pattes remuant pour mettre en suspension la vase. Au repos, ils se tiennent souvent sur une patte et la tête fourrée dans les plumes. Est capable de nager. La quasi totalité de la population française nicheuse se localise en Camargue dans un secteur de salins. Depuis 1977, un programme de recherche basé sur le baguage a pour missions de mieux connaître la biologie et l'écologie de l'espèce. Jusqu'en 2001, des centaines de jeunes étaient bagués dans la coloie chaque année, durant une même journée. Des individus bagués en 1977 sont encore visibles dans le delta du Grand Rhône à l'heure actuelle. Des individus nés en Camargue, ont été contrôlés plusieurs dizaines de fois, parfois dans les 4 coins du bassin méditerranéen : Sardaigne, Tunisie, Espagne... Le statut dépend des individus : sédentaire, erratique, migrateur partiel ou migrateur tout court.
La migration
A l'automne, une grande proportion des flamants part vers le sud pour éviter les grands froids. Chez les jeunes, ce départ dépend de la condition corporelle, les juvéniles en bonne condition ayant une plus grande chance de partir hiverner dans le sud que les autres. Les sites d'hivernages, quant à eux, pourraient en partie dépendre des vents portants le jour du départ.
Les flamants adultes et juvéniles hivernent en grand nombre en Afrique du Nord (Maroc, Algérie et Tunisie) et en Afrique de l'Ouest (Mauritanie et Sénégal). D'autres partent jusqu'à l'est de la Méditerranée (Turquie, Israël et Egypte). En général, les jeunes flamants restent pendant 2-3 ans sur le lieu de leur premier hivernage, remontant parfois occasionnellement, puis de plus en plus fréquemment visiter des sites de reproduction quand vient le printemps.
Des oiseaux nomades ?
Seule une petite proportion de flamants se reproduira sur son lieu de naissance. Les adultes sont peu fidèles à un site de reproduction d'une année sur l'autre, ce qui conduit à d'importants échanges d'individus entre les colonies. Ainsi, il semble que les flamants nés en Méditerranée occidentale appartiennent tous à une seule et même population même s'ils ne sont pas nés ou ne se reproduisent pas au même endroit. Une telle population, composée de différentes colonies interconnectées est appelée une méta population.
Protection & menaces
La population nicheuse semble stable dans l'UE ces dernières années et est de l'ordre des 25.000 couples. La destruction ou la transformation des zones humides, dues notamment à la pression urbanistique, est la menace principale pour l'espèce. L'Hexagone héberge 25% de la population nicheuse européenne. Nichant en vastes colonies, le Flamant rose est très vulnérable au dérangement. Ainsi, une unique perturbation peut occasionner l'échec reproductif de toute une colonie (exemples : passage d'un hélicoptère à basse altitude, ballon gonflable d'enfant 'dérivant' dans les airs...). Considérant qu'une colonie peut compter parfois 20 000 couples (en Camargue par exemple), on comprendra aisément l'impact biologique de telles négligences. Par ailleurs il est fragile : les épisodes climatiques hivernaux rigoureux peuvent faire payer un lourd tribu au 'roseus'. Les lagunes et autres plans d'eau saumâtres gelés coupent littéralement les vivre aux flamants roses. Les oiseaux n'ont pas toujours le temps de fuir sous de meilleurs hospices et meurent de faim sur place. Ainsi, certains hivers, un spectacle de désolation endeuille le littoral méditerranéen: des milliers de cadavres de ce magnifique volatile jonchent les sols gelés. Cependant, ces phénomènes climatiques sont des perturbations naturelles s'inscrivant dans l'écologie de l'espèce.
Sources : Wikipedia, http://www.oiseaux.net/oiseaux/flamant.rose.html, http://www.tourduvalat.org/dossiers/flamants_roses/generalites_sur_l_espece